Claude Poissant
Directeur artistique

Crédit: Jean-François Brière

Ce cahier jette sur l’hiver comme sur nos spectacles un peu plus de lumière. Joëlle Bond, comédienne, auteure et commissaire de ces pages, nous propose une façon réjouissante d’aborder ces œuvres qui souvent, grâce à leur humour, flirtent avec la légèreté. Mais en réalité, quand on s’y abandonne, ces spectacles affichent tous sous le rire ambiant le courage infléchissant qui naît du tragique. Il y a donc dans cette récréation littéraire plein de détours pour y faire son chemin.

Mais qu’y a-t-il sur nos scènes et dans ces pages en cet hiver 2017 ?

L’eau. Murdoch et Norvège ont figé au fond de l’eau une histoire d’amour intemporelle que rend plausible deux choses, d’abord l’adolescence, ce tremblement éphémère et puissant, puis la fiction, ce projecteur sur nous-même qui intensifie si bien le réel. Dans nos pages, le metteur en scène Benoît Vermeulen et le comédien Benoît Landry tracent le parcours d’ASSOIFFÉS tandis que le journaliste Philippe Couture nous dessine un portrait de son auteur Wajdi Mouawad. Pour l’occasion, Marc-Antoine Cyr imagine Michel Tremblay, qui comme Murdoch, vivrait dans la fiction de ses personnages.

Le ciel. Ti-gars, à la conquête de lui-même, rencontre les éléments qui sont là au bout de ses doigts. En mettant les pieds dans LE LAC AUX DEUX FALAISES de Gabriel Robichaud, nous posons notre regard vers le haut. Maxime Robin évoque pour nous un peu de ce réalisme magique.

L’esprit. Celui du mot, celui de Marc Favreau, celui de L’ENFANCE DE L’ART qui redonne à l’auguste Sol un peu de ce qu’il nous a légué, l’intelligence du discours et sa candide poésie. Yves Dagenais nous parle de Sol le clown. Kim Yaroshevskaya de Favreau, l’homme. « Si tous les poètes voulaient se donner la main, ils toucheraient enfin des doigts d’auteur ! »

Le sang. À chaque fois qu’Antigone reparaît sur nos scènes, il y a toujours une cause. Puis une déchirure. Avec

ANTIGONE AU PRINTEMPS, Nathalie Boisvert clame-t-elle l’espoir ? Défie-t-elle les mythes en choisissant le sang de nos érables pour écrire le printemps 2012 ? Qu’en pense le chef d’Option Nationale et professeur de philosophie Sol Zanetti ? Et qui peut résumer Antigone ?

L’argent. Oui oui oui L’AVARE de Molière. Je l’ai lu à 14 ans et je l’aime encore autant. Son péché capital est contagieux. Et comme le plus laid de tous nos défauts illumine bien tous les autres, chez Molière, les disciples de la bonté et de la bienveillance ne payent pas de mine et ont bien peu d’intérêt. Louis-Karl Tremblay nous révèle, avec son abécédaire, beaucoup de son créateur. Et alors que cet Harpagon a 360 ans, la sociologue Julia Posca nous présente l’avare du nouveau millénaire. Puis trois acteurs « modernes » répondent à une question classique.

Moi. Philippe Gold propose une version améliorée de Philippe Boutin. Et Philippe Boutin est déjà si attentionné et positif qu’on peut se demander what is exactly BEING PHILIPPE GOLD ? Mélange explosif, gonflage d’égo ou désir d’un don absolu de soi-même ? Ses amis Emmanuel Schwartz et Christophe Payeur nous parlent de Boutin- Gold et l’auteur-acteur Jean-Philippe Durand s’amuse des icônes pop qui ont un nom d’emprunt.

Fin de conte. Un vingtième et dernier opus des ZURBAINS est une bonne raison pour publier un de ces contes notoires, Allah Maak. Rébecca Déraspe fait un portrait du Théâtre Le Clou, coupable inventeur de ces Zurbains, d’Assoiffés et de plus de vingt-cinq ans d’art et d’adolescence.

Et Maxime Beauregard-Martin invite à la même table les jeunes metteurs en scène Philippe Boutin, Nicolas Gendron et Frédéric Sasseville. Tandis que le dessinateur en résidence de la saison Patrice Charbonneau-Brunelle se confie à notre commissaire.

Bonne lecture, fol hiver !

Claude Poissant, directeur artistique

 Claude Poissant 

Téléchargez le Cahier d'hiver

Téléchargez la brochure de saison 2016-2017